Axe 2_Circulation culturelle, de savoirs et d'informations

Cet axe regroupe des projets, individuels et collectifs, portant sur les circulations, les transferts culturels et de savoirs entre la Russie-URSS et l’Europe occidentale. Ces projets interrogent par ailleurs la façon dont les acteurs historiques appréhendaient la circulation des idées, des savoirs et de l’information.

L’historiographie russe (fin XVIIIe - début XXe siècle)

Le projet sur la formation de l’historiographie russe (fin XVIIIe - début XXe siècle) s’inscrit dans une histoire des sciences qui prend pour objet la constitution et la circulation des savoirs, autant dans leur contenu que dans leur appareillage conceptuel (transferts entre la Russie et l’Europe occidentale) tout en considérant les bases institutionnelles et les pratiques qui ont accompagné cette construction. Deux aspects sont privilégiés dans ce projet : d’une part l’articulation entre histoire nationale et histoire universelle, d’autre part la naissance et l’ascension rapide de l’histoire sociale dans le champ de l’historiographie russe.

Les circulations entre la Russie et l’Europe occidentale

Le projet de recherche sur les circulations entre la Russie et l’Europe occidentale s’inscrit dans le cadre d’un GDRI porté par le Cercec et s’appuie sur un réseau de chercheurs essentiellement français et russes qui explorent cette thématique dans le domaine du livre, des arts, de la diplomatie et de la circulation des hommes.

La constitution des sciences humaines et sociales dans l’Empire russe (fin XVIIIe siècle - années 1930)

Le projet, soutenu par l’ANR, sur la constitution des sciences humaines et sociales dans l’empire russe (fin XVIIIe siècle - années 1930) porte sur le rôle de la circulation des hommes, des livres et des modèles. Il se concentre sur l’histoire de la formation des différentes disciplines scientifiques en liaison avec les contacts et les échanges développés entre spécialistes de l’Empire russe et d’Europe centrale et occidentale. La naissance des sciences sociales, la question des langues scientifiques et des traductions, et la géographie impériale des savoirs constituent les aspects privilégiés de cette recherche collective.

L’histoire de la psychiatrie en URSS

L’histoire de la psychiatrie en URSS est généralement associée à une spécialité instrumentalisée à des fins répressives sous forme d’internement forcé à partir des années 1960. Entre « psychoprisons » et psychiatres perçus comme des exécutants de la police politique, l’approche de la psychiatrie soviétique est restée prisonnière d’une vision univoque, oblitérant le fonctionnement psychiatrique normal, et entachant l’histoire de la discipline et de ses pratiques en URSS d’une suspicion d’abus. La recherche dédiée à l’histoire des institutions psychiatriques soviétiques de l’entre-deux-guerres entend déterminer la spécificité de la psychiatrie soviétique depuis la création de la Commission de neurologie et de psychiatrie en 1918 jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, en s’intéressant à l’évolution de sa conception et de ses pratiques, et en particulier aux changements intervenus dans les années 1930 à la faveur de la « marxisation des sciences ». Ceux-ci conduisirent-ils à la « mort » de la psychiatrie en tant que telle ou à l’avènement d’une science soviétique à l’ambition et aux méthodes renouvelées ? Ces questions renvoient directement à la participation des psychiatres au projet transformatif bolchevik, aux évolutions de leurs intentions en matière d’ingénierie sociale. Ce projet ambitionne également de replacer les pratiques psychiatriques dans le contexte plus large de la prise en charge de la santé en URSS et de l’organisation pratique du système médical afin d’éclairer par quelles modalités les Soviétiques ont cherché à dépasser l’héritage légué par l’ancien régime.

L'histoire de la décoration du Métro de Moscou

Accomplissement phare des régimes soviétique et post-soviétique, le Métro véhicule des imageries des mérites supposés des deux systèmes, il montre les difficultés de les symboliser et le sens que des architectes, des artistes et leurs commanditaires veulent attribuer à divers moments à l'expérience soviétique et post-soviétique. Il offre donc une possibilité jamais saisie de mettre dans une nouvelle perspective la longue durée de l'histoire soviétique et les premières décennies de la Russie post-soviétique. Ce projet traite des continuités et des ruptures thématiques et stylistiques, des codes culturels, des messages explicites, implicites et involontaires des œuvres ainsi que des imageries du monde russe et soviétique dont elles sont issues et qu'elles suggèrent. Il traite donc des circulations temporelles de ces représentations, du sens qui leur est donné aujourd’hui, de nombreuses décennies après leur création.

Sont impliqués dans ce thème Wladimir Berelowitch, André Berelowitch, Olga Medevedkova (chercheure associée), Radu Paun, Elena Astafieva, Grégory Dufaud, Gabor Rittersporn, Josette Bouvard. La thèse en cours de Natalia Pashkeeva se rattache en grande partie à ce thème. Les chercheurs associés suivants développent des projets qui s’insèrent dans ce thème : Sophie Cœuré, Susan Layton.

Photo : La station de métro Komsomolskaya, à Moscou (crédit : Vesta48/Adobe Stock)