Les trajectoires d’Octobre 1917 : Origines, échos et modèles de la révolution

Du 19 au 21 octobre 2017, se déroulera, à Paris, une conférence internationale dédiée aux conséquences, à la fois sur le long terme et dans le monde, des révolutions russes de 1917.

19 octobre 2017
Bulac, 65 rue des Grands Moulins, 75013 Paris
20 et 21 octobre 2017
EHESS, 105 Bd. Raspail, 75006 Paris

Affiche Les trajectoires d'octobre 1917Dans l’histoire de la Russie puis de l’Union soviétique, point n’est besoin de rappeler qu’Octobre 1917 fut un moment fondateur tant cette évidence s’impose aux yeux des historiens. Les révolutions russes de Février mais surtout d’Octobre offrent de nouveaux cadres de pensée politique, une conception inédite de la société, un bouleversement radical du système économique. 

Dès lors, la révolution est incarnée, tout autant pour ceux qui lui sont favorables que pour ceux qui lui sont hostiles. En Russie, ce moment cristallise les tensions accumulées entre une industrialisation tardive et spectaculaire et un monde rural dominant, le tout accentué par la guerre. Octobre 1917 n’est pas que fondateur, il est aussi héritier des reformulations des processus politiques, économiques ou sociaux qui débutent à la fin du XVIIIe siècle pour se développer tout au cours du siècle suivant, avec l’industrialisation des États européens. 1917 a fait l’objet d’une large historiographie qui naît très tôt, durant les années 1920, se déploie après la Seconde Guerre mondiale et durant la guerre froide, offre à penser de façon très diverse l’événement révolutionnaire, les histoires ainsi écrites étant articulées aux débats politiques et sociaux contemporains de leur écriture, tant ce moment a longtemps été le point d’ancrage d’antagonismes politiques. Aujourd’hui encore, des travaux récents, réalisés dans un contexte intellectuel et politique nouveau, invitent à reconsidérer l’histoire de cette période.

Hors des nouvelles frontières de la Russie tracées par les révolutionnaires, 1917 ouvre une longue période où cette expérience révolutionnaire sert d’exemple et joue un rôle messianique dans le monde entier. Tout au long du XXe siècle de nombreux mouvements politiques s’en revendiquèrent, choisissant dans la « boîte à outils » constituée par 1917, les éléments qui s’adaptaient à un objectif, une situation révolutionnaire, l’établissement d’un nouvel ordre politique et social.

L’objet du colloque organisé du 19 au 21 octobre 2017 n’est pas tant de repenser ou de refaire l’histoire de 1917 en Russie que d’engager une réflexion sur l’histoire des révolutions qui empruntent à 1917, en ce qu’elles s’en rapprochent dans leur mécanisme, dans leur déroulement, à travers en particulier ce qu’elles portent d’explosion sociale, d’implosion de l’autorité et de construction d’une autre forme d’État.

Il a aussi pour objectif de voir, plus largement, à quel point les modes de représentations sociaux et économiques qui naissent de 1917, même s’ils cristallisent des transformations   antérieures,   marquent   durant   le   XXe siècle   les   sciences   sociales,   les représentations en général et les manières d’agir, politiques en particulier. Enfin, il vise à interroger le devenir de cet héritage révolutionnaire après 1991.

Autour d’Octobre 1917, dialogueront les historiens de 1917, à même d’apporter des éléments  nouveaux d’interprétation et d’analyse  de ce mouvement révolutionnaire dans l’Empire russe, avec des chercheurs travaillant sur d’autres aires et des périodes ultérieures, confrontés eux aussi à la question de 1917 dans l’analyse et l’interprétation de mouvements révolutionnaires.

 

Téléchargez le programme (PDF)

La journée du 20 octobre 2017 sera retransmise en direct sur le site tepsis.io

 

Organisateurs : École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et Labex Tepsis (Transformation de l’État, politisation des sociétés, Institution du social)

Partenaires : Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre-européen (Cercec, EHESS/CNRS, Paris), Centre d’histoire de Sciences Po (CHSP, Paris), Identités-Cultures-Territoires (ICT, Université Paris-Diderot), Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (GIP BULAC, Paris), Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC, Nanterre), Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH, Paris), Groupe d’études orientales, slaves et néo-hélleniques (GEO, Université de Strasbourg), Centre Marc Bloch (Berlin), Centre d’Etudes Franco-Russe (CEFR, Moscou).

Conseil scientifique : Alain Blum (Cercec, EHESS), Hamit Bozarslan (Cetobac, EHESS), Oleg Budnitskii (Université nationale de Recherche – Haut collège d’économie, Moscou), Juliette Cadiot (Cercec, EHESS), Sophie Cœuré (Université Paris-Diderot), Yves Cohen (CRH, EHESS), Françoise Daucé (Cercec, EHESS), Sabine Dullin (Centre d’histoire de Sciences Po), Catherine Gousseff (Centre Marc Bloch, Berlin), Frédéric Gros (Sciences Po), Bruno Karsenti (Lier, EHESS),  Emilia Koustova  (GEO,  Université  de  Strasbourg),  Stephen Kotkin (Department of History, Princeton University, États-Unis), Marc Lazar (Centre d’histoire de Sciences Po), David Mayer (IISH, Amsterdam), Valérie Mélikian (Cercec, EHESS), Alessandro Stanziani (CRH, EHESS), Alexandre Sumpf (Université de Strasbourg), Marcel Van der Linden (IISH, Amsterdam).