Gouverner les frontières, défier l’État. Désobéissances et rebellions en Europe orientale et balkanique

Le 22 juin 2018, à Paris, a lieu un atelier Tepsis qui propose une révision critique des travaux portant sur les désobéissances et les rebellions en Europe orientale et balkanique (début du XVIe siècle - début du XIXe siècle).

Vendredi le 22 juin 2018, 14h-19h

Paris, École des Hautes Études en Sciences Sociales

105 Boulevard Raspail, salle 8

 

Coordination : Radu G. Păun (CERCEC), Laurent Tatarenko (IEŚW/CERCEC)

 

Questions classiques de l’histoire moderne, les désobéissances et les rebellions ont été traditionnellement abordées dans une perspective économique ou sociologique. Ces dernières années ont apporté un renouvellement méthodologique important qui accorde une large place aux analyses anthropologiques et à la perspective comparatiste, en privilégiant certaines facettes « nouvelles » : l’imaginaire et les mises en scène des rébellions, la pluralité des discours et des mémoires de la révolte, les transferts d’expérience.

Notre atelier propose une révision critique des travaux portant sur ces problématiques à l’échelle européenne et coloniale avec l’objectif de construire un bagage méthodologique à même d’être utilisé sur les terrains de l’Europe orientale et balkanique. L’un des apports de cette démarche serait d’inscrire ces zones dans la réflexion d’ensemble sur la désobéissance collective à l’époque moderne et de proposer à terme une histoire connectée de ces phénomènes à différentes échelles.

Notre enquête débutera dans les premières décennies du xvie siècle, pour se poursuivre jusqu’à la fin de la période napoléonienne, marquée par la mise en place d’un nouvel équilibre des pouvoirs en Europe (1815). Une attention particulière sera accordée aux zones frontalières, dont l’appartenance à un ensemble politique ou à un autre a maintes fois soulevé de graves problèmes, tant à l’intérieur des États concernés qu’entre voisins concurrents. Ce regard depuis les marges vers le pouvoir central permettra d’interroger sous un angle nouveau les mécanismes de gouvernance et le processus de constitution des États modernes dans la région.

 

Intervenants :

Marinos Sariyannis (Institut d’études méditerranéennes, Réthymnon, Grèce) : Illégitimité et justification : images ottomanes de la rébellion

Benjamin Landais (Université d’Avignon) : L’empereur et le ‘bandit’ : entre criminalisation et politisation des violences collectives dans le Banat habsbourgeois au XVIIIe siècle;

Hubert Łaszkiewicz (Université de Varsovie, Pologne): Confédération de Targowica (1792) : rébellion et émotions au nom d’un passé légitime

 

Discutants :

Marie-Elisabeth Ducreux (EHESS), Christine Lebeau (IHMC, Université Paris I Panthéon-Sorbonne), Fabrice Micaleff (Université de Nantes), Gregorio Salinero (IHMC, Université Paris I Panthéon-Sorbonne ; sous réserve)